
postée le 29 juin 2006
La France consomme 76 000 tonnes de pesticides par an, dont 96% pour l’agriculture. Elle est ainsi au premier rang en Europe et 3ème dans le monde derrière les Etats-Unis et le Japon. Ceci a de quoi inquiéter quand on connaît l’importance accordée par notre pays au marché agricole ainsi qu’à une alimentation de qualité et aux produits du terroir ! Pour en savoir plus, le gouvernement a lancé en 2004 une étude portant sur 4569 échantillons de fruits, légumes, céréales et produits transformés afin de retrouver la trace de 222 produits tels que pesticides, phytosanitaires et engrais.
Les résultats montrent que 66% des légumes et 34% des fruits ne contiennent pas de résidus. Il existe des seuils maximaux d’exposition, appelés « Limites maximales de résidus » (LMR). Il ressort de l’étude lancée en 2004 en France que 4% des légumes et 3,5% des légumes dépassent les LMR.
Si l’on lit ces chiffres à l’envers, cela veut dire que 62,5% des fruits et 30% des légumes présentent des traces de résidus de pesticides !
Or on sait aujourd’hui que le problème réside dans l’exposition continuelle et à faible dose ! Seules les populations les plus à risque sont citées par le gouvernement comme pouvant rencontrer des problèmes de santé : les agriculteurs en premier lieu, mais aussi les femmes enceintes et les enfants, en raison de l’accumulation dans le corps. On peut cependant penser que cette accumulation est valable pour tous, d’autant que les pesticides et autres engrais chimiques se retrouvent dans l’eau par le ruissellement des pluies à travers les champs et dans l’air en raison des méthodes d’aspersion. Selon l’INRA jusqu’à 50% des aspersions n’atteindraient par leur cible, et jusqu’à 70% des produits iraient dans le sol !
De plus Eau France, le service du Ministère de l’Ecologie français, rappelle que le bon état écologique des masses d’eau (qu’une Directive européenne impose d’atteindre en 2015) risque de ne pas être atteint en France sur de nombreux bassins d’eau en raison des pollutions aux nitrates, produits phytosanitaires et pesticides. 57% des eaux souterraines et 80% des eaux de rivières ne respectent pas les normes européennes aujourd’hui.
Le plan de réduction adopté ce 28 juin par le gouvernement français vise à réduire de 50% en trois ans l’utilisation des substances les plus dangereuses. Les mesures visent à améliorer l’information sur le marché des pesticides, minimiser leur utilisation, renforcer la formation des professionnels aux risques, suivre l’évolution et mieux connaître l’impact sur l’environnement et la santé. Parmi les mesures, on note le soutien à l’agriculture biologique à travers un crédit d’impôt plafonné à 2000 euros pour les exploitations dont plus de 40% des recettes sont issues de l’agriculture biologique.
Tout ceci est un bon début mais, comme le note le journal Le Monde du 29 juin, les substances les plus dangereuses représentent 10% du marché des pesticides ! Alors pour vraiment dire non aux pesticides et aux engrais chimiques de synthèse qui ne sont pas concernés par ces mesures, il faut encourager l’agriculture biologique en consommant des produits bios ! C’est faire aussi du bien à notre environnement et à notre santé. Durant l’été, n’oubliez pas non plus de renoncer aux pesticides et engrais chimiques que vous pourriez utiliser pour les plantes d’intérieur, du balcon ou du jardin, et lancez vous dans le jardinage bio !
Observatoire gouvernemental des résidus de pesticides
Etudes sur l’état écologique des masses d’eau souterraines du Ministère de l’Ecologie
Lettre de l’INRA résumant l’étude de décembre 2005 sur l’utilisation des pesticides