La newsletter bio-tendances
postée le 05 janvier 2006
Les dangers de l'exposition à l'amiante
En France plus qu'ailleurs, l'amiante a longtemps eu la cote (Grille-pain, plaques de fibrociment, garnitures de frein, réfrigérateurs,
peintures…), même après que sa nocivité ait été prouvée. L’amiante a en effet été classée cancérogène par le Centre International de
Recherche contre le Cancer (CIRC) dès 1977 et seulement interdite en 1997. Elle provoque 3000 décès par an et étant donné le délai
d’apparition des maladies provoquées par l’amiante, on compte qu’elle sera responsable de 100 000 décès d'ici à 2025.
L’exposition à l’amiante n’a pas besoin d’être très longue, une exposition brève mais intense ou une exposition longue peuvent
engendrer les mêmes conséquences. Parmi les conséquences de l'inhalation de ce minéral, le cancer du poumon et le mésothéliome
(ou cancer de la plèvre) sont parmi les pathologies les plus fatales. Le délai entre l'exposition à l'amiante et l'apparition de
la maladie rend parfois l'imputation professionnelle difficile si le travailleur n'a pas été employé dans un secteur d'activité "connu" :
amiante ciment, filature, freins, fonderie, sidérurgie, forge, verrerie, chimie, isolation, etc.
Les travailleurs indépendants et les artisans ont aussi été beaucoup exposés à l'amiante dans le cadre de leur activité professionnelle
(chauffagistes, garagistes, couvreurs, électriciens, menuisiers, architectes, etc.)
De nombreuses victimes ont été contaminées à la suite d'une exposition non professionnelle (en effet une fibre d'amiante est en moyenne
400 à 2000 fois plus petite qu'un cheveu humain et n'est pas décelable à l'oeil nu dans le mouvement des poussières) :
- riverains d'entreprises qui fabriquaient ou utilisaient des produits à base d'amiante
- membres des familles des travailleurs de l'amiante qui peuvent avoir été atteints de façon indirecte par les effets du travail du
conjoint ou du parent (poussière dans les vêtements ou dans les cheveux)
- les employés de bureaux ou technicien de services, publics ou privés, qui travaillent dans des locaux où l'amiante est présente de
façon dégradée.
Les victimes de l’amiante trouveront de nombreuses informations en consultant le site de l’Association Nationale de Défense des Victimes
de l'Amiante :
http://andeva.free.fr.
Ils y trouveront notamment des informations pour connaître et revendiquer leurs droits en tant que victime et pour assurer un suivi médical nécessaire au développement de la maladie.
Vous trouverez ci-dessous les nombreuses affections (bénignes ou moins) qui peuvent survenir à la suite d’une exposition à l’amiante :
- Asbestoses : Les fibres d'amiante pénètrent dans le poumon et provoquent une inflammation, qui se transforme en fibrose
(épaississement du tissu pulmonaire). Il se passe généralement une dizaine d'années entre l'inhalation et la survenue de la maladie.
Essoufflement, toux sèche, sensation d'oppression sont les premiers symptômes qui peuvent évoluer vers une insuffisance respiratoire, qui
peut être mortelle. Il n'y a pas de traitement efficace de cette maladie en recul depuis la diminution des taux d'exposition à l'amiante.
- Atteintes pleurales bénignes : Ces lésions de la plèvre ne constituent pas les prémices d'un cancer du poumon ou de la plèvre
(mésothéliome). On distingue différents types d'atteintes pleurales bénignes : pleurésie bénigne (épanchement de liquide), fibrose
pleurale (sclérose consécutive à une pleurésie pouvant parfois entraîner des calcifications), atélectasie par enroulement
(masse bénigne se développant au contact de la plèvre). Ces atteintes peuvent parfois entraîner une diminution de la capacité
respiratoire ou des douleurs.
- Mésothéliomes : Le mésothéliome atteint la membrane de la plèvre ou plus rarement le péritoine (membrane protectrice des intestins)
ou le péricarde (membrane qui entoure le coeur). Ce cancer de la plèvre est quasi-exclusivement lié à une exposition à l'amiante.
Cette maladie peut se développer trente à quarante ans après l'exposition à l'amiante. Le mésothéliome se manifeste par des douleurs
thoraciques, un essoufflement dû à la présence de liquide dans la plèvre (pleurésie), plus rarement par un amaigrissement et un état de
fatigue général.
Le diagnostic repose sur une thorascopie (examen qui consiste à visualiser la plèvre) et un prélèvement des cellules tumorales (biopsies).
Aucun traitement n'ayant fait la preuve de son efficacité, ce cancer est de très mauvais pronostic. Dans une majorité de cas, le patient
meurt dans l'année qui suit le diagnostic. Le traitement se limite à diminuer la douleur et à traiter l'épanchement pleural par ponction
ou méthode chirurgicale.
- Cancers du poumon : Chaque année, plus de 25 000 cancers du poumon sont diagnostiqués en France dont 5 à 10 % seraient liés à l'
inhalation d'amiante. Il apparaîtrait en moyenne 15 à 20 ans après l'exposition à l'amiante. Trop souvent tardif, le diagnostic du
cancer du poumon est réalisé par radiographie ou scanner avant d'être confirmé par fibroscopie.
Le pronostic de la maladie dépend fortement de la précocité de son diagnostic, de la localisation des tumeurs et de l'état général de
santé du patient. Le traitement repose principalement sur la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.
Malgré nos recherches nous n'avons trouvé à ce jour aucun remède naturel qui puisse désintoxiquer le corps d'une pollution
à l'amiante. Soyez donc prudent si vous effectuez des travaux chez vous et si vous avez des proches qui sont en contact
quotidien avec l'amiante. Les intoxications aux métaux lourds peuvent évoluer positivement grâce à la prise quotidienne
de charbon végétal actif mais nous préférons ne pas généraliser à ce cas précis.